Introduction

La problématique de l’emploi des jeunes est un défi universel qui se pose à tous les Gouvernements. Au Sénégal, les statistiques sur l’emploi confirment amplement la difficulté liée à la prise en charge du chômage et du sous-emploi des jeunes.

L’analyse des données sur le chômage montre que les jeunes âgés de 15 et 35 ans représentent 62,4% de la population active (ESPS 2011, ANSD) et on dénombre environ 200 000 nouveaux demandeurs d’emplois qui arrivent chaque année sur le marché du travail, alors que l’offre est estimée à environ 30 000 nouveaux emplois.Ainsi, selon l’enquête de suivi sur la pauvreté au Sénégal menée par l’ANSD en 2011, le taux de chômage est estimé à 12,7% (ESPS 2011, ANSD).

Les résultats de cette enquête établissent que 31% des chômeurs sont des diplômés de l’enseignement supérieur. Les personnes dépourvues d’éducation, d’emploi et de formation dominent aussi le marché du travail jeune. En effet, près de 46% des jeunes n’ont reçu aucune instruction tandis que 24% de l’effectif des jeunes ont un niveau d’instruction qui ne dépasse guère le cycle élémentaire. Ce qui explique le développement rapide du secteur informel où s’activent 49% des jeunes.

S’agissant du sous-emploi qui traduit la situation d’une personne en activité qui ne travaille pas à temps plein, son taux est estimé à 28% (ESPS 2011, ANSD).

Ces statistiques sur l’emploi montrent que malgré les acquis enregistrés et qui sont bien en deçà des résultats escomptés, il y’a encore des efforts à faire dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques plus soutenues en faveur de l’emploi des jeunes.

Ce faible impact des politiques publiques sur la promotion et la création d’emplois découle de plusieurs facteurs, notamment :

  • l’absence d’un cadre de concertation harmonisé entre les différents acteurs (Administration, Secteur privé, Société civile, etc.) ;
  • l’absence de système d’information unifié sur le marché du travail ;
  • la pluralité des acteurs institutionnels en charge du service public de l’emploi des jeunes (l’ANEJ, le FNPJ, l’AJEB, l’ANAMA…) ;
  • la faible employabilité des jeunes sur le marché du travail ;
  • la faiblesse des moyens alloués au secteur et l’absence de mécanismes de génération de ressources propres ;
  • l’insuffisance de mesures incitatives favorables à la promotion de l’emploi (fiscales, foncières, financières, réglementaires, etc.) ;
  • les difficultés d’accès au crédit.

C’est pour toutes ces raisons que Monsieur le Président de la République qui considère la problématique de l’emploi des jeunes comme un axe prioritaire spécialdans toutes les stratégies nationales de développement économique et social et, de façon plus accentuée dans le Plan Sénégal Emergent (PSE), a décidé de la mise en cohérence des interventions dans le secteur de la gouvernance de l’emploi des jeunes.Aussi, déclarait – il dans son discours à la nation du 31 décembre 2013 :

« …s’agissant du Pôle Emploi-Jeunesse, les activités jusque-là menées de façon éparse par quatre structures sont désormais regroupées au sein d’une seule Agence, afin de réduire les dépenses de fonctionnement et de mettre en cohérence les politiques publiques».

Cette forte volonté politique a été concrétisée par la création par décret n°2014 26 du09 janvier 2014 de l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANPEJ).